Lutte Antinuisibles

Sanglier : est-il classé nuisible, et que peut faire un particulier ?

Textes lus le 22 octobre 2026.

Sanglier : le classement dépend de la préfecture. L’arrêté du 3 avril 2012 (NOR DEVL1107123A) permet au préfet de décider, département par département, du caractère nuisible du lapin de garenne, du pigeon ramier ou du sanglier, par arrêté annuel.

L’article 1 de cet arrêté est en vigueur depuis le 20 novembre 2020. Nous n’avons pas relu les arrêtés préfectoraux : vérifiez le vôtre auprès de la DDT.

Ce que dit le texte

Sanglier : cadre légal
Statut Classement possible par arrêté annuel du préfet, après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage. Le préfet fixe les périodes, les modalités et les territoires.
Durée Un arrêté préfectoral de ce type prend effet le 1er juillet et court jusqu’au 30 juin de l’année suivante (article R. 427-6, I, 3°).
Ce que dit l’arrêté de 2012 Tir entre la date de clôture spécifique de la chasse du sanglier et le 31 mars. Le préfet peut décider des opérations de piégeage dans les conditions de l’arrêté du 29 janvier 2007. Piégeage par les particuliers : voir l’arrêté préfectoral.
Lire le texte de l’arrêté (article 1)

En fonction des particularités locales et après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage, le préfet peut décider du caractère nuisible du lapin de garenne, du pigeon ramier ou du sanglier. Dans ce cas, il fixe par arrêté annuel les périodes et les modalités de destruction de ces trois espèces. L'arrêté préfectoral délimite également les territoires concernés par leur destruction.
3° Le préfet de département peut décider de faire procéder à des opérations de piégeage dans les conditions définies par l'arrêté du 29 janvier 2007 fixant les dispositions relatives au piégeage des animaux classés nuisibles en application de l'article L. 427-8 du code de l'environnement.
Le sanglier peut être détruit à tir entre la date de clôture spécifique de la chasse de cette espèce et le 31 mars.

La reconnaître

Grand mammifère trapu au pelage brun-gris hérissé, au museau allongé. Les laies mènent des groupes, les mâles adultes vivent seuls. Il fouille le sol pour se nourrir et peut dégrader prairies et cultures.

À ne pas confondre avec

  • le cochon domestique : Un cochon qui s’échappe d’un élevage reste un animal domestique. L’éleveur et la mairie sont les interlocuteurs, pas la procédure des espèces classées.

Où et quand on l’observe

La base GBIF recense 79 971 observations de cette espèce en France métropolitaine entre 2016 et 2026 (extraction du 22 octobre 2026). Le pic tombe en mars, avec 9 % des observations. Les départements qui comptent le plus de signalements sont : Bouches-du-Rhône (4 120), Var (3 734), Ariège (3 715), Lot-et-Garonne (3 686), Alpes-Maritimes (2 707). Ces chiffres montrent surtout où l’on observe et déclare, pas l’abondance réelle de l’espèce.

6 599janv.6 772févr.7 186mars6 758avr.6 078mai6 225juin5 835juil.5 535août6 034sept.6 366oct.6 774nov.5 912déc.

Carte des observations déclarées par département

  • aucune observation
  • jusqu’à 269
  • jusqu’à 580
  • jusqu’à 1 030
  • plus de 1 030

Ce que le particulier peut faire

  • Détruire soi-même ou déléguer. Le propriétaire, le possesseur ou le fermier procède personnellement aux opérations de destruction, y fait procéder en sa présence, ou délègue ce droit par écrit. Le délégataire ne peut pas être rémunéré (article R. 427-8 du Code de l’environnement).
  • Piéger. Toute personne qui utilise des pièges doit être agréée par le préfet : c’est le statut de piégeur agréé (article R. 427-16). Le texte écarte cette exigence pour qui capture des ragondins et des rats musqués dans des boîtes ou des cages-pièges, et pour la capture de corvidés en cages dans des opérations de lutte collective organisées par les groupements agréés.
  • Tirer. La destruction à tir se fait de jour. Le permis de chasser validé est obligatoire (article R. 427-18).
  • Poisons. L’emploi de produits toxiques pour détruire les animaux classés est interdit (article R. 427-10).
  • Opérations collectives. Les destructions collectives ordonnées par le préfet sont exécutées sous le contrôle de l’administration par les lieutenants de louveterie (article R. 427-1).
  • Autre animal capturé. Un animal d’une espèce non classée capturé par erreur est relâché immédiatement.
  • Lâcher. Le lâcher d’animaux susceptibles d’occasionner des dégâts est soumis à autorisation individuelle du préfet (article R. 427-26). Pour le sanglier, le lâcher est interdit, sauf dans les terrains clos des établissements professionnels de chasse à caractère commercial.

Pour une démarche précise (autorisation individuelle, déclaration de dégâts, doute sur l’espèce), adressez-vous à la direction départementale des territoires (DDT) de votre département. Pour savoir si l’espèce est classée dans votre commune, utilisez l’outil commune par commune. Pour savoir à qui signaler un animal ou une plante, voir l’outil de signalement.

À lire ensuite

Toutes les espèces classées ou réglementées · Les espèces classées département par département

Sources. Arrêté du 3 avril 2012, NOR DEVL1107123A (article 1 en vigueur depuis le 20 novembre 2020, lu le 22 octobre 2026) ; Code de l’environnement, articles R. 427-6, R. 427-8, R. 427-16, R. 427-18, R. 427-26 (lus le 22 octobre 2026) ; GBIF, observations en France métropolitaine 2016-2026, extraction du 22 octobre 2026.

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